Les champignons lignivores profitent souvent d'une blessure ancienne plutôt que d'attaquer un arbre intact. Dans le quartier de la Cité, certains sujets matures portent de grosses coupes réalisées au ras du tronc ou des arrachements jamais recouverts par le bourrelet cicatriciel. L'eau pénètre, le bois de coeur se dégrade et une cavité progresse sans que le feuillage paraisse immédiatement atteint. Des fructifications au collet, une zone creuse, une écorce morte ou des copeaux inhabituels demandent un examen. Retirer le champignon visible ne traite pas la dégradation interne. Il faut apprécier l'épaisseur de bois résiduel, l'étendue du défaut et les cibles situées sous la couronne.
Une mauvaise taille de formation crée aussi des problèmes différés. Deux axes concurrents deviennent de lourdes charpentières, une branche incluse se fend, ou des rejets vigoureux apparaissent autour d'un étêtage. Sur un jeune arbre, quelques coupes de faible diamètre bien placées évitent ces défauts. Sur un sujet adulte, corriger brutalement aggraverait son état. Nous privilégions alors une réduction progressive, répartie sur plusieurs cycles, avec surveillance des zones fragiles. Une taille régulière des végétaux ne suit donc pas les mêmes gestes qu'une reprise d'arbre mutilé. La décision tient compte de l'essence, de la vigueur, du défaut mécanique et de la fréquentation des abords, jamais de la seule apparence extérieure.